Money Monster – La critique

“Pourquoi dit-on communément “requin de la finance” et jamais “mérou” ou “saumon de la finance” ? Demandez aux petits poissons et aux petits actionnaires.”

Jean-François Kahn

Jodie Foster, révélée dans Taxi Driver en 1976, n’en est pas à son coup d’essai derrière la caméra. Après avoir réalisé The Beaver en 2011 et nous avoir offert deux épisodes d’Orange is the New Black  et de House of Cards, elle revient en 2016 avec Money Monster, présenté hors-compétition au Festival de Cannes.

Le plot peut sembler redondant: un homme révolté par la perte massive dans ses finances, provoquée par les conseils (judicieux et impartiaux) de Lee Gates, présentateur renommé de Money Monster, décide de se retourner contre le système en s’improvisant preneur d’otage pendant un live de l’émission. Grâce à l’aide précieuse (moi, ironique?) de la police, Patty Fenn doit gérer la situation catastrophe en accordant au dissident l’audience dont il veux bénéficier. Le film s’inscrit dans un croisement entre une intrigue d’enquête, de survie et d’une critique habile des rouages de la finance.George Clooney dans Money Monster

On accuse Jodie (ou Jojo, comme je veux) de naïveté scénaristique et de simplicité dans la critique qu’elle tente de faire sur l’utilisation de l’argent et sa circulation dans notre société, ce que je voudrais contredire  à l’aide de mon expertise cinématographique digne des plus grands (pas vraiment). En effet le thème est peu original car il fait partie de ce qui a été vu et revu, et est assez banal. Cependant c’en est une critique intelligente, qui inclut la responsabilité de tous, et non uniquement celle de “grands méchants” manipulateurs, par d’excellentes mises en scène, et occulte certaines choses de l’histoire qui laissent le spectateur conscient des autres acteurs de l’intrigue. De plus les dialogues sont bons, et on y remarque une subtile touche d’humour maîtrisée, bien que plongée dans le suspens. Les acteurs, Julia Roberts et George Clooney, bien qu’inconnus du grand public, maîtrisent leur partition presque à merveille et forment un trio dynamique avec Jack O’Connell.

Seul bémol, une américanisation trop importante qui inscrit le film dans la lignée de ceux qui auraient pu être excellents mais qui sont abimés par cet esprit du blockbuster à la gloire des États-Unis. Jack et Jodie16/20 – would recommend

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