Le Brexit, d’accord, mais ça change quoi?

Photo by The Associated Press /Times Free Press.
Photo by The Associated Press /Times Free Press.

Le brexit, contrairement à ce que j’ai longtemps cru, ce n’est pas juste un mauvais jeu de mot et une contraction bien laide entre “Britain” et “Exit”. C’est tout un concept qui vous saute au visage quand vous apprenez que 51.9% des anglais y sont favorables. Renversant, le chiffre? Attendez la suite. Loin des théories libérales qui pressentent un cataclysme économique apocalyptique, mais autant à l’écart des anti-Europe (non je ne t’oublie pas, mon pirate d’extrême droite préféré), répondons calmement et posément aux questions que vous vous posez sûrement sur les conséquences de ce référendum hi-sto-rique (car c’est la première fois qu’un pays a recours à l’article 50).

C’est effectif tout de suite, cette décision?

Et bien pas vraiment. Politiquement, rien n’a changé en Grande-Bretagne et il s’agit d’ailleurs uniquement d’un référendum que le gouvernement peut choisir d’appliquer ou non. Sur cette question, David Cameron, pourtant en faveur du maintien de son pays dans Europe, a affirmé qu’il était important d’aller dans la direction du peuple et d’appliquer ses choix. Cela se fera cependant sans lui, puisque sa démission sera effective d’ici trois mois. Son successeur aura la dure tâche de se charger des négociations avec le Vieux Continent.

Économiquement, quelles sont les conséquences?

Les résultats des votes ont entraîné la panique à la bourse ainsi que la chute de la livre de 6%, atteignant le chiffre bien bas de 1.387 dollar, alors que la monnaie anglaise avait maintenu un pic pendant 6 mois. Et ce ne sont que les conséquences immédiates du référendum, car après la séparation entre la Grande Bretagne et l’Europe, nombre d’entreprises risquent d’être amenées à se délocaliser en partie ailleurs en Europe afin de ne pas souffrir de taxes trop importantes. Cependant, les conditions n’ayant pas encore été négociées avec l’Europe, il est impossible de savoir si celle ci sera clémente sur les échanges, ce qui pourrait donc être bénéfique aux entreprises au vu de la baisse drastique de la livre.

elizabeth pointe du doigt

Qu’est ce que ça change pour les anglais?

C’est là que les choses se corsent. Contrairement à la croyance des pro-brexit qui souhaitent “garder les emplois pour les anglais”, et en faisaient leur ligne éditoriale, les dites délocalisations risquent d’entraîner la suppression de nombreux emplois (1600 pour Goldman & Sachs). Une situation d’autant plus contraignante pour les expatriés, qui sont en France plus de 171 000, ceux ci risquent de voir leur retraite baisser considérablement, en plus de la perte de leur assurance maladie.

Les anglais risquent de perdre la facilité à se déplacer sur l’espace Schengen qu’ils avaient auparavant, et le simple contrôle des passeports à la frontière devrait être remplacé par la demande systématique d’un visa à partir de la mise en action du brexit. La situation risque de toucher sévèrement les étudiants, même si les négociations sont encore à faire et qu’il est possible, comme avec la Suède, de trouver un accord, car ceux qui souhaiteront partir à l’étranger ne pourront plus, par exemple, béneficier du programme Erasmus.

Et le [insérer produit d’importation britannique cher à votre vie]? 

Vous pourrez encore vous le procurer, normalement, car rien n’empêchera les transactions, cependant, pour les même raisons qui risquent de faire baisser le pouvoir d’achat des anglais, les taxes risquent de faire augmenter son prix pour vous.

Qu’est ce que ça change à la crise des migrants?

La crise des migrants avait été au centre du 34e sommet franco-britannique a en partie suscité la montée des populismes en Grande Bretagne. Hors de l’espace Schengen, celle ci n’est pas tenue d’accueillir les migrants, c’est pourquoi Emmanuel Macron a fait peser la menace en remettant en cause les accords du Touquet qui renforcent le contrôle aux frontières entre la France et l’Angleterre et a affirmé que ” la France ne retiendrait plus les migrants à Calais”.

Bien que gentiment réprimandé après cela, François Hollande lui emboîte le pas :«je ne peux pas nier que, si le Royaume-Uni quitte l’Union européenne, il y aura des conséquences dans beaucoup de domaines, sur le marché unique, la circulation des produits et des personnes».

On nous assure cependant que la décision des anglais ne remettra pas en cause les relations amicales qu’entretiennent les deux pays. Inutile de préciser, cependant, que des tensions restent à venir.

Ava.

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